La lettre de Veritas N° 195 - Extrait de la pages 8 - 9 et 10

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En Algérie, si paradoxal que cela puisse paraître, la situation est, chaque jour, meilleure. Les grands élans de fraternisations que suivirent le 13 mai laissèrent décontenancée une rébellion qui avait perdu son âme.

Sur les frontières de l’Algérie, les barrages étranglent la dissidence. La situation militaire s’améliore, rapidement et d’autant plus vite que la symbiose Armée-population fait tache d’huile. La population musulmane, qui avait appris par la terreur à se taire et à s’éloigner de nous, revient, soulagée. Partout, des groupes d’autodéfense se créent et, désensimée, la rébellion s’effrite.

Et, en novembre 1959, une organisation nouvelle a vu le jour, qui va compléter, renforcer tout ce qui existe déjà, c’est la fédération des unités territoriales et groupes d’autodéfense. Son rôle, c’est de grouper, c’est d’unir, c’est d’expliquer, c’est de, finalement, constituer le « parti de la France » mais un parti en armes et qui va prolonger l’action de l’armée.

Son ambition, c’est, avec les anciens combattants, avec la D.P.U. du Colonel Trinquier, avec le F.N.F. de Joseph Ortiz, avec la Fédération des étudiants, avec les multiples associations, de créer ce réseau de hiérarchies parallèles dont nos adversaires nous ont appris l’emploi et, ainsi, de tisser un filet dont les mailles de confiance réciproque, ne laisseront plus passer le terrorisme afin de retrouver, avec la paix, la sécurité et le bonheur.

La paternité de cette idée revient au Colonel Gardes pour qui rien de ce qui est généreux n’est étranger. Au premier étage de l’immeuble de la Compagnie Algérienne, au coin du Boulevard Laferrière, un vaste local, réquisitionné par l’Armée sera le siège social. En novembre 1959 les assemblées générales constitutives sont réunies. J’en suis élu président. L’outil se crée, il va mettre en place ses hommes et ses moyens, commencé à se développer… Pas longtemps.

Le Général  Challe avait accueilli avec élan l’idée de cette Fédération, conscient de tout ce qu’elle pouvait apporter sur le plan de la pacification. « Mon rôle - me dit-il à l’une de nos premières entrevues - c’est de gagner la guerre, mais le vôtre, c’est de gagner la paix. »

Chez tous les chefs militaires, la réceptivité fut excellente - tous, sauf le Général Gambiez qui parut ne pas comprendre. En revanche, du côté du délégué général, l’accueil fut, beaucoup plus, réticent. Delouvrier connaissait évidemment déjà les intentions d’abandon du pouvoir, bien qu’il les tint, strictement, secrètes et il redoutait cette structuration de toute la population de l’Algérie qui pouvait y faire échec. Sans doute, n’avait-il pu s’y opposer - c’eut été dévoilé, prématurément les objectifs du pouvoir - mais il entendait en surveiller, aussi étroitement que possible, les activités et mesurer les indispensables moyens.

De son côté se développait le Front National Français de Joseph Ortiz. On a beaucoup dit que ce F.N.F. s’employait à recruter ses adhérents au sein des unités territoriales, laissant, volontiers, entendre une sorte de complicité entre celles-ci et le F.N.F. mais c’est une fausse interprétation car où Ortiz aurait-il  recruté ses adhérents si ce n’est au sein de la territoriale puisque celle-ci représentait toute la population mobilisable de l’Algérie. Ce recrutement fut, d’ailleurs, facilité par le fait que les slogans du F.N.F. n’étaient autres que la formulation des idées répandues par l’Armée dans les U.T. Ortiz en était, tellement, conscient qu’il ne cessa d’être en contact étroit avec le commandement militaire et l’Armée, de son côté, ne pouvait voir d’un mauvais œil la création d’une organisation qui, sans doute sur un ton plus véhément mais sans contradiction de base, reprenait ses propres slogan et s’insérait dans un vaste ensemble de bonnes volontés qui, toutes, tiraient le char d’une Algérie indéfectiblement, liée à la France.

Ainsi, par tous les moyens, la symbiose Armée-population se trouvait, parfaitement, réalisée. Au-delà même de ce qu’aurait voulu le commandement car la population en  étaient venue à considérer que l’Armée était devenue « son armée » puisqu’elle y était, intimement, incluse et que, donc, cette Armée ne pouvait avoir d’autres vues ni d’autres sentiments que les siens.

En face de cette étroite imbrication, la marge de manœuvre du pouvoir pour réaliser ses vues devenait tellement étroite que pour les réaliser, il lui faudra, avant tout, briser cette structuration.

Dans l’entourage du pouvoir, quelques  « habiles » vont s’y employer et mettre au pont un plan d’un machiavélisme savant qui, inéluctablement, devait conduire à un affrontement entre l’Armée et la population, à un clash entre les parachutistes de la 10ème D.P, celle de Massu, et les territoriaux. Un plan à plusieurs phases successives.

Mise en condition - Une brutale flambée de terrorisme doit mettre à vif les nerfs des Algérois et, dans le même temps, une autre opération va s’employer à mettre le Général Massu dans une situation telle que son rappel sera inévitable. Aux yeux des Algérois, le Général Massu passe - à tort mais on ne le saura que plus tard - pour le dernier rempart de l’Algérie Française. Alors, tout naturellement et parce que telle est la tradition née d’une longue habitude, la population d’Alger, angoissée, se groupera autour du Monument aux morts, sur le plateau des Glières et manifestera ses craintes et sa volonté de demeurer française.

Scénario - Ces manifestants rassemblés, on les fera charger par des gendarmes dévalant du Forum et, au moment précis où le combat sera engagé, on fera intervenir les parachutistes dans une action en tenaille. Débouchant du tunnel des Facultés, les légionnaires du 1er R.E.P. (Colonel Dufour), par le simple jeu de leurs réflexes de bons guerriers, prendront le combat à leur compte, cependant que les chasseurs parachutistes du Colonel Broizat, sortant du Boulevard Baudin, verrouilleront l’autre extrémité du plateau des Glières. Ainsi sera réalisé ce clash que le pouvoir estime indispensable pour briser la volonté de la population, mais aussi, pour briser l’Armée.

Détonateur - La réussite de ce plan fort habile nécessite le parfait déroulement de chaque phase - des variantes ont du être prévues - et elle exige surtout un minutage très précis dans l’intervention des parachutistes prenant le combat à leur compte. Mais, bien sûr, elle exige, avant tout, qu’il y ait combat. Quelques provocateurs disséminés dans la foule survoltée et armée, comme beaucoup de gens le sont alors, peuvent ne pas suffire. Alors, on placera dans les bosquets limitant le Forum un fusil mitrailleur dont les servants seront habillés en C.R.S. qui tirera dans le tas. Le tas de gendarmes autant que celui des Algérois. Nul doute que ce feu ne déclenche la riposte des U.T.

Raffinements - Tel qu’il est monté, ce plan a toutes les chances de réussir. Choisir la 10ème D.P. qui était, pourtant, en opération plutôt que toute autre, était habile. Depuis la Bataille d’Alger cette 10ème D.P. était particulièrement chère au cœur des Algérois. Mettre en tête des gendarmes les escadrons originaires d’Algérie et leur faire supporter la tuerie était une autre habileté qui ne manquerait pas d’avoir son prolongement dans la population car ces gendarmes ont de la famille. On pourra, ensuite,  s’offrir le luxe de leur faire passer au préalable une minutieuse inspection de leurs armes pour s’assurer qu’elles ne sont ni approvisionnées, ni chargées, préparant, ainsi de bons arguments pour les lendemains et, enfin, on pourra prévoir des commissaires de police, (algérois, eux aussi) pour donner à  cet attentat toutes les apparences de la légalité.../...

Colonel Michel SAPIN-LIGNIERES

Henri Avelin aux Barricades drapeau couleur

 

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