La lettre de Veritas N°196 - Extrait de la page 2 et 3

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Un massacre ne se justifie jamais où qu’il se produise mais il est souvent le résultat d’un désir de vengeance après une domination cruelle, une longue série d’humiliations. Etait-ce le cas lors du massacre du 5 juillet 1962  à Oran ?

La plupart des propriétaires d’immeubles ou de terres Européens de la ville avaient envoyé en France leurs familles. Les hommes demeuraient en attendant de voir comment les choses tourneraient. Et, comme toujours, restaient là aussi les familles pauvres, souvent d’origine espagnole qui partageaient l’existence modeste des Arabes des quartiers ; les femmes au marché et dans les cours des patios, échangeaient les gâteaux des fêtes : mounas et makrouts, cigares au miel et mantecaos à la cannelle. Les gosses à l’école ou dans la rue, jouant au « pitchak » avec les noyaux d’abricot, les filles à la marelle ou sautant à la corde. Les hommes au travail, dans les usines de tabac, de métallurgie, sur le port et dans les bateaux.

Pourquoi ces braves gens se seraient-ils méfiés des copains, des collègues avec lesquels ils « trinquaient l’anisette » ?

Les Arabes d’Oran n’étaient pas réputés musulmans farouches. Longtemps tous se cotoyairent aussi dans les réunions politiques, Oran ayant toujours eu une composante de gauche importante. Au début de XXième siècle beaucoup de Musulmans adhérèrent aux loges mais leur orientation athée avait conduit les chefs religieux à exiger qu’ils les quittent. Ce fut sans doute une des raisons de l’éloignement idéologique des élites musulmanes des Européens « éclairés », francs-maçons très influents en Algérie. Cet éloignement a favorisé la promotion européenne qui, peut-être, aurait pu être en partie mesurée si les loges avaient été en mesure de promouvoir une élite musulmane modérée comme le préconisait l’Emir Abd-el-Kader dont les lettres et mémoires sont d’un intérêt historique puissant.

Même les familles musulmanes instruites ne surent résister aux fatwas lancées par des chefs religieux étrangers, égyptiens en particulier, qui ordonnaient de rompre tout contact autre que celui imposé par le travail avec les Européens.

Dès lors, on se respectait mais, chacun chez soi. Les femmes arabes encloses, furent coupées de l’évolution féminine qui fleurissait partout dans le monde sauf en pays musulmans. Eux restaient sourds à la parole de bon sens qui disait qu’on ne pouvait durablement réduire au silence la moitié de l’humanité et en particulier lorsque les guerres, civiles ou internationales, faisaient disparaître les hommes par milliers. En Algérie, les veuves de guerre furent si nombreuses qu’il fallut bien leur permettre de travailler pour élever leurs enfants.

Dans les familles pauvres, elles devinrent domestiques puis, apprenant vite, et découvrant leurs possibilités intellectuelles jusque là en friche, elles devinrent commerçantes, couturières, pâtissières... Que de conquêtes subreptices !

Quand les vieilles mères conservatrices, les oncles, les cousins freinaient des quatre fers cette liberté conquise qui les reléguait, les humiliait. Bien rares furent les filles qu’on autorisât à suivre des études au lycée après leur puberté. Bien moins encore en faculté. Lorsque certaines mères voulurent encourager leurs filles, il leur fallut souvent « s’exiler » en métropole. Paris et Montpellier virent ainsi des étudiantes musulmanes brillantes conquérir des diplômes supérieurs au nez et à la barbe de leurs frères jaloux. Le malheur voulu qu’elles soient souvent la proie des plus virulents nationalistes. Elles crurent que le sort misérable intellectuellement des femmes arabes était la faute des Français et non de leur propre famille. Ce qu’elles eurent à subir après l’indépendance leur fit toucher du doigt leur profonde erreur. Les plus fortes gagnèrent Paris et leur liberté, les autres furent englouties sous les voiles quand elles ne furent pas livrées en butin au vainqueur.../...


Genevieve

 

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