La lettre de Véritas N° 196 - Pages 24 et 25

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L’orsque je l’évoque, curieusement c’est d’abord l’écho de sa voix profonde qui bourdonne à mes oreilles. Il était grave. Je ne l’ai pas souvent vu sourire et pourtant je le connaissais bien et c’est pourquoi, même aujourd’hui, je sais que c’est avec son arrestation qu’a disparu l’espoir, qu’a sombré la souveraineté française en Algérie, parce qu’à lui seul, il incarnait la France, ses grands hommes, ses preux chevaliers, ceux devant les prouesses desquels nous avons tous rêvé, de Vercingétorix à Bayard, de du Guesclin à Péguy.

Roger Degueldre était un homme de guerre, un vrai guerrier, calme, méthodique, rigoureux. Il aimait les stratégies bien réfléchies, les adaptations exactes…C’était un guerrier à la résistance d’airain, au courage phénoménal, mais avant d’aimer la guerre – et d’aimer bien faire la guerre – il aimait la France. On trouve peu, dans l’Histoire, de personnage de sa valeur. Degaulle et ses Tribunaux d’exception « aux ordres » ne s’y sont pas trompés.

Le Général Salan n’a pas été condamné à mort, le Général Jouhaud a été gracié, mais, lui, Roger Degueldre, et lui seul, avait su donner à l’O.A.S. cette puissance colossale qui faisait trembler à la fois l’ennemi F.L.N., les puissances étrangères qui le soutenaient et le locataire de l’Élysée. C’est pourquoi Roger Degueldre a été condamné à mort, sans appel.

La sentence a été exécutée au Fort d’Ivry, le 7 juillet 1962, deux jours à peine après le pogrom d’Oran. Mais Roger, bien que la sentence ait été exécutée, le condamné n’était pas mort…

Logiquement, il aurait dû être gracié… Les coups de feu, qui ont suivi l’exécution de la sentence alors qu’il était encore en vie, l’ont littéralement et délibérément assassiné !

« Dites que je suis mort pour la France ! » avait-il demandé. C’est pourquoi, nous le clamons haut et fort, aujourd’hui encore, et nous demandons à tous ceux qui nous lirons d’avoir une pensée pour le martyr subi par Roger Degueldre, le 7 juillet 1962…

En quelques mots, hachés par l’émotion, qui s’empare de moi dès que j’évoque sa mémoire, je vais retracer le cursus du Lieutenant Degueldre, Chevalier de la Légion d’Honneur, médaillé militaire couvert de citations qui, en 1958, en Algérie, servait au 1er R.E.P., illustre Régiment français qui, sous les ordres du Colonel Jeanpierre, tué au combat, mérita le titre de « premier Régiment d’assaut de l’Armée française ».

Roger Degueldre est né à Louvroil, dans un petit village du Nord. Mais il avait à peine douze ans quand, en 1940, sa famille fut évacuée et se réfugia dans les Pyrénées Orientales, près de Collioure. C’est là, qu’il apprit à aimer la mer et que naquit en lui cette fibre patriotique qui ne cessa de se développer durant toute sa vie.

A quinze ans, Roger Degueldre décide de faire partie de la Résistance… Pour lui ce n’est pas un vain mot, une parade insignifiante. Pour lui, résister, c’est aborder l’ennemi, là où il se trouve et il n’hésite pas, malgré son jeune âge, à remonter, en fraude, vers Louvroil pour affronter directement l’armée d’invasion.

À seize, celui qui deviendra le chef des commandos Delta, vit ses premières expériences de patriote et de guerrier au sein des F.T.P., car ce sont eux qui mènent la Résistance dans le Nord.

Mais les choses tournent mal, nombre de ses amis sont capturés et tués. Il doit fuir et part pour Paris où il se réfugiera près de sa sœur.

 A-t-il abandonné le combat pour autant ? C’est mal connaître Roger Degueldre.

Pour lui, la lutte continue et personne ne s’étonne de lui voir porter, en 1945, un uniforme américain pour se battre, se battre encore jusqu’à la victoire finale. Puis, découvrant sa passion et sa vocation, il part pour Marseille et s’engage dans la Légion Étrangère…

Bientôt, c’est l’Indochine où il s’illustre… Caporal, Caporal-chef, Sergent, Sergent-chef, Adjudant… Il se bat… Les citations pleuvent… Il est blessé… il se relève, toujours… Il se bat pour la France, pour l’honneur de la France, et aussi pour ces pauvres indigènes qui croient en la France, qui mettent leurs espoirs en elle…

C’est en Indochine que se développe le courage de notre héros… Ce courage inimaginable dont Degueldre fera preuve tout au long de sa vie, il l’entretient comme une arme. Il ne se pose pas de questions. On lui dit de se battre et il se bat. Il met son intelligence au service du combat… /…

 

Anne Cazal

 

 

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