La lettre de VERITAS N° 195 - Page 11

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Il était environ 10h du matin, ce 24 janvier 1960, quand j’ai embrassé mon père pour la dernière fois. Il était en uniforme de la garde territoriale et il avait reçu l’ordre de venir manifester sans arme au forum d’Alger.

Un ami, Pierre Avelin m’avait proposé d’aller voir ses parents à « Bassour» du côté de Médéa dans l’arrière-pays. La journée s’annonçait radieuse. Nous sommes donc partis et nous avons passé d’agréables moments avec toute la famille Avelin. Au retour, nous avons appris qu’une fusillade avait éclaté à Alger et nous avons décidé d’aller voir sur place ce qui s’était passé.

Après avoir prévenu ma mère, nous sommes partis. Arrivés sur les lieux, nous avons de suite compris que des évènements graves s’étaient déroulés. Nous avons garé la 2cv Citroën en face du quotidien l’écho d’Alger et nous nous sommes dirigés vers les barricades. C’est là que nous avons rencontré Henri Avelin qui nous a raconté ce qui s’était passé. Je lui ai demandé s’il avait vu mon père et je n’ai pas prêté attention à sa réponse évasive. Ce n’est qu’après que j’ai compris qu’il avait été témoin de ce drame.

Puis, pris par l’ambiance nous avons participé à la consolidation de la barricade qui se situait du côté de la rue Michelet. Un drapeau français maculé de sang était planté au sommet de l’amoncellement des pavés. Par la suite, j’appris qu’il avait servi à porter mon père mortellement blessé alors qu’il portait secours à une personne qui avait été touchée par balle. Mon père a pris cette personne dans ses bras, et c’est en se retournant pour aller se protéger derrière la barricade qu’il fut mortellement touché.

Les ambulances ne pouvaient pas passer. Mon père a perdu beaucoup de sang. Il avait été transporté dans un couloir voisin en attendant les secours. Moi, je cherchais toujours mon père et je questionnais sans arrêt, mais personne parmi ceux qui savaient n’osa m’informer de cette triste nouvelle. Finalement la nuit est arrivée… Mais impossible de repartir d’Alger.

Les CRS et gardes mobiles avaient reçu ordre de ne laisser passer personne. Ils avaient bouclé le périmètre des combats. J’ai donc téléphoné à ma mère pour lui dire de ne pas s’inquiéter. Je pensais retrouver mon père le lendemain. Avec Pierre Avelin nous avons donc essayé de dormir dans la 2cv. J’étais sur la banquette arrière. Mais impossible de dormir avec  la barre du milieu du siège qui me cassait les reins. Vers 5 h du matin, je suis donc sorti, et comme nous étions en face du journal l’écho d’Alger, j’ai pu en recueillir un exemplaire dès sa parution... /...

 

Drapeau

Jacques Eychenne fils d’André Eychenne

 

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