La lettre de VERITAS N° 191 - Extrait des  pages 10 et 11

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Outre le fait que le déroulement même des faits contredise les versions officielles, qui se contredisent d’ailleurs entre elles, chacun des complices de ce crime d’Etat que fut l’abandon des départements français d’Algérie, a tenté, à sa manière, d’expliquer l’inexplicable, de justifier l’injustifiable et de rejeter sur les victimes elles-mêmes la responsabilité du massacre.

Les bourreaux, les complices, ont tous essayé de se disculper, et ils l’ont fait, si maladroitement, en mentant, même dans leurs écrits, et de façon tellement cynique parfois, que leurs mensonges sont revenus les cingler en plein visage.

Or, ils ont tous – ou presque parce que nous citerons l’exemple d’un officier placé en forteresse pour avoir voulu démonter le dispositif meurtrier – obéi aveuglement aux ordres du Chef de l’Etat qui avait décidé de tester dans le sang la capacité de résistance de la ville d’Alger.

Nous l’avons démontré, depuis des années, l’Etat gaulliste avait tout fait pour que les Français d’Algérie – qu’on ne qualifiait plus, de manière péjorative que de Pieds Noirs – deviennent les boucs émissaires de cette subversion terroriste.

Dans notre résistance désespérée à tant de reniements et d’injustices, on n’a voulu voir qu’une intolérable violence terroriste à laquelle il fallait mettre un terme. Mais, De Gaulle, qui jusqu’au 26 mars a toujours cru possible un retournement de la situation, voulait écraser le patriotisme de l’Algérie, et, en particulier, de la ville d’Alger.

La préméditation, la préparation et l’organisation du massacre sont à inscrire à l’actif de la parfaite alliance de la force locale (FLN) avec les forces françaises, Armée, Gendarmerie, C.R.S.

Ce qui nous révolte encore et que nous voulons dénoncer ouvertement, c’est que, pour parfaire le crime de l’Etat français, on a fait joué le rôle de coupables et d’agresseurs aux victimes civiles et innocentes qui n’avaient répondu qu’à un sentiment de solidarité envers d’autres victimes civiles innocentes, celles du ghetto de Bab-el-Oued.

Parmi les mensonges qui ont circulé, jusqu’à nos jours, souvent par des écrits condamnant les victimes, citons les écrits de M. Vitalis Cros, Préfet de Police de la place d’Alger au moment des faits.

Dans un livre ayant pour titre « Le temps de la violence » M. Cros fustige la période coloniale et couvre d’assertions diffamatoires les colonisateurs… Un Macron avant l’heure… Quoi d’étonnant ? Devant l’ampleur du crime d’Etat du 26 mars, nous aurions pu penser que la pudeur contraindrait l’ancien Préfet à s’abstenir d’évoquer le sujet.

Bien au contraire, M. Cros s’empêtre dans une relation des faits qui serait grotesque s’il ne s’agissait pas d’événements aussi douloureux, mais qui est, non seulement indigne, mais aussi totalement mensongère.

Il paraît, tout d’abord, que le barrage de la Grande Poste subissait l’assaut de la foule d’une façon bien particulière : les femmes usaient contre les tirailleurs algériens d’armes de séduction dignes de Bethsabée, en les embrassant et en les serrant dans leurs bras…

Ici, il nous semble utile d’évoquer les traditions de pudeur et de réserve inculquées, dès l’enfance, aux Françaises d’Algérie. On n’abordait pas d’inconnus dans la rue, et, encore moins, en cette période troublée, les femmes se seraient permis d’embrasser des membres des forces de l’ordre pour obtenir le passage.

En réalité, ces soldats ne faisaient pas vraiment un barrage. La plupart d’entre eux se tenait sur les trottoirs, le long des magasins… Cros aurait dû se relire au lieu d’écrire : « Le barrage céda sous la pression de la foule » et assurer ensuite « tout semblait se passer sans heurts »…

Il prétend, ensuite, que l’on tirait des fenêtres de la rue d’Isly, de la rue Alfred Lelluch, et de la rampe Bugeaud, dans le dos des soldats du barrage, affirmant même que « trois soldats français tombaient… ».

Là est le mensonge fondamental… Pour l’authentifier, Cros se croit obligé de donner des précisions sans même se rendre compte qu’elles détruisent les contrevérités qu’il écrit :

D’après lui, trois soldats français auraient été tués ! Mensonge ! Parmi les tirailleurs du 4ème R.T., il n’y a eu que six blessés, et aucun par balles !

Cette indéniable vérité suffit à pulvériser le mensonge sur les tirs provocateurs de l’O.A.S. justifiant une riposte… En effet, comment imaginer qu’aucun des militaires n’ait été touché par une seule de ces balles prétendues tirées de toutes parts ?

Cros écrit (page 146) « La nouvelle que nous redoutions, et souhaitions à la fois, arriva, ajoutant « le premier mouvement de panique passé, le barrage agressé a réagi. Un fusil-mitrailleur est entré en action. Nous espérions encore qu’il tirait au-dessus des manifestants ». Mensonge ! N’a-t-il pas écrit, paradoxalement, que la réussite de ce crime d’Etat était souhaitée, en même temps que redoutée !.../...

 

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Anne Cazal

 

 

 

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