La lettre de VERITAS N° 192 - Pages 10 et 11

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Merci d’être ici, cette année encore. Merci de donner de votre temps pour penser à eux. Pour, au fond, d’une certaine façon, penser à nous. Tant savoir d’où l’on vient est essentiel, primordial, vital.

Oui, nous les leur devons, à eux, ces quelques minutes de recueillement, de silence, de souvenirs, de pensées, de prières aussi.

Eux ? Ceux qu’on appelle pudiquement les « disparus d’Oran ». Les 700 Français – et peut-être même davantage – qui ont été enlevés, tués, torturés, massacrés ce 5 juillet 1962. C’est-à-dire, après, oui après les accords d’Evian que certains continuent à commémorer comme la fin de la guerre d’Algérie ! Des menteurs, des falsificateurs, des révisionnistes !

Pour moi, ce jour de commémoration est très particulier. Il est chargé, gorgé d’émotions. Vous le savez, je suis né à Oran ! J’en garde encore en mémoire les couleurs, la blancheur aveuglante des façades, les odeurs, le goût des pastèques, les rires dans les cafés tard le soir, la brûlure du soleil et… les bains de mer.

J’ai pu, j’ai dû partir avant l’horreur… Mes parents, eux, étaient toujours là.

Alors, je vous le dis sans précaution, sans aucune précaution de langage : le 5 juillet, ils ont voulu tuer du Français, tuer de l’Européen, du Juif, du Chrétien. Tuer du Blanc. Je vous le dis : le 5 juillet a été une tuerie à caractère raciste.

Ce pogrom – parce qu’il s’agit d’un pogrom – ne doit pas être ignoré de nos enfants, de nos petits-enfants. Parce que ce 5 juillet à Oran n’est pas une parenthèse à jamais refermée. La longue liste des massacres anti-européens est encore ouverte : les attentats du Bataclan, de Nice, les viols de masse de Cologne, le massacre des enfants de Manchester relèvent du même désir de tuer les Européens que nous sommes. Parce que trop libres. Ou pas encore assez soumis.

À Oran, alors que l’armée française avait reçu l’ordre – l’ordre infâme – de rester l’arme au pied, le tout nouveau pouvoir FLN a inauguré son règne par un bain de sang. Pour ceux qui ne voulaient pas le voir, il a montré, encore une fois, son vrai visage !

Oran était une ville de tolérance, espagnole, française, juive, arabe. Oran était un affront aux islamistes déguisés en marxistes. Oran devait être punie, purifiée par ces fanatiques. Comme Palmyre l’a été jadis, comme Alep le fut plus récemment.

Mais, au milieu de cette apocalypse, de ce qui fut le plus grand massacre de la guerre d’Algérie, je ne veux pas oublier qu’il y eut aussi des justes. Des musulmans qui ont risqué leur vie pour sauver leurs amis européens. Mon père fut sauvé par un musulman. Je veux leur rendre hommage. Je veux, 55 ans plus tard, lui rendre hommage.

Je n’oublie pas que les musulmans d’Algérie étaient loin, très loin de vouloir cette Algérie aux mains d’un parti unique, corrompu, assoiffé de pouvoirs. Je n’oublie pas que les musulmans eux-mêmes ont été victimes de ces barbares. Combien de nez coupés pour avoir fumé ? Combien d’oreilles tranchées pour avoir été simplement pro-français ? Combien de petits Oradour-sur-Glane commis par les fellaghas et passés sous silence par cette « communauté internationale » pourtant si prompte à nous donner des leçons. Mais toujours dans le même sens, toujours au service des mêmes…

Je n’oublie pas, enfin, les Harkis qui donnèrent leur vie pour sauver cette terre qui était la leur et dont ils ont été privés pour toujours.

Ma ville d’Oran, ma ville d’avant le 5 juillet est morte, morte à jamais. Mais elle restera dans nos cœurs, dans nos rêves, dans nos mémoires, dans les yeux de ma vieille mère, dans ses souvenirs qu’elle répète, inlassablement, un peu comme le « Je vous salue » de mon chapelet d’enfance.

Pour mon père, pour ma mère, pour vous mes amis, pour ma fille à qui, à l’école, on raconte une histoire de l’Algérie dans laquelle je ne me retrouve pas et qui me blesse, pour ceux qui viendront demain, surtout gardons mémoire, n’oublions pas ce 5 juillet.

Pour nos morts, pour leurs âmes, pour la justice. Pour ne pas être toujours, éternellement, les vaincus, les perdants de l’histoire. Pour réveiller cet Occident, notre Occident endormi. Pour qu’un nouveau 5 juillet ne se reproduise pas, nous nous retrouverons, chaque année, en ce début d’été, la mémoire en deuil, le cœur en berne mais fiers d’être les héritiers d’une histoire de combat, de grandeur, d’amour de la patrie, d’amour des siens.

Vive Oran !


Vive l’Algérie, alors française !


Vive la France !

                                      Robert MENARD,
                                      Maire de BEZIERS

 

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